Chronique livre : La horde du contrevent

d’Alain Damasio

lahordeducontreventAujourd’hui quand on me conseille ou qu’on me prête un roman de Fantasy, j’ai plutôt tendance à tordre le nez. La horde du contrevent vient me donner tort, et c’est d’autant plus une bonne surprise que c’est un livre de langue française, et qui justement l’utilise formidablement bien cette langue française.

Imaginez une large bande de terre, balayée par des vents irréguliers et dévastateurs, et dont l’ « Extrême amont », l’origine potentielle du vent, n’a pas encore été découvert. Continuer la lecture de Chronique livre : La horde du contrevent

Chronique livre : Le portique du front de mer

de Manuel Candré.

Le portique du front de merTrès étrange livre que ce portique, deuxième roman de son auteur, après le très fort Autour de moi. En apparence complètement différent de son grand frère écrit dans une veine plus autobiographique, Le portique du front de mer relève pourtant d’un processus d’écriture qui me semble assez similaire.

Quatre amis perdent leurs journées et tuent le temps dans une cité balnéaire à l’abandon, R., coincée entre océan et désert. Continuer la lecture de Chronique livre : Le portique du front de mer

Chronique livre : Nébuleuses

d’Andréas Becker

j’ai toujours rêvé d’être malade – (…)

NébuleusesUne femme nous parle de sa vie, de ses parents, son mari, son amant, son fils et de l’étrange lieu dans lequel elle a passé la majeure partie de sa vie et qu’elle nomme son I!nstI!tutI!on. Le récit est heurté, trébuchant, la réalité se dérobe sous les yeux du lecteur. Qui est cette femme ? Nous raconte-t-elle la vérité ? Qu’est-ce que cette institution ? Est-ce réellement un lycée professionnel comme elle nous le dit ? ou plutôt un hôpital psychiatrique ? Continuer la lecture de Chronique livre : Nébuleuses

Les Indispensables – Livres 2013

Vous l’attendiez tous, les plus beaux livres lus par Racines en 2013. Une grosse année lecture, mais un top 10 réalisé en un claquement de doigts et plein de chouchous difficiles à départager. Aucune hiérarchie dans ces listes, Racines ne va pas se mettre à distribuer des notes.

Les indispensables 2013

Percutants, virtuoses ou complétement dézingués, ils ont marqué mon année et ne me quittent plus.

1414 de Jean Echenoz (Minuit). Le maître Echenoz nous offre un roman d’une élégance et d’une poésie rare. En une centaine de pages, 14 recèle une richesse stylistique et visuelle, ainsi qu’une ampleur incroyables. Une perle.

 

 

sitoutnapasperiavecmoninnocenceSi tout n’a pas péri avec mon innocence d’Emmanuelle Bayamack-Tam (P.O.L). Par l’énergie dévastatrice de son écriture, Emmanuelle Bayamack-Tam dresse le portrait sans concession d’une famille bancale et affirme avec force le pouvoir salvateur de la littérature. Une bombe.

 

 

leromandunetreLe roman d’un être de Bernard Noël (P.O.L). Le pinceau Roman Opalka sous la plume Bernard Noël ou quand un fabuleux système de penser l’Art et le monde se transforme en poésie. Un vertige.

 

 

leringinvisibleLe ring invisible d’Alban Lefranc (Verticales). Alban Lefranc s’empare d’Ali, malaxe et recrache le mythe. Ca a du souffle, du rythme, de la puissance. Une course.

 

 

irenenestorIrène, Nestor et la vérité de Catherine Ysmal (Quidam Editeur). Pour son premier roman, décalé et touchant, Catherine Ysmal donne langue, voix et vie à des invisibles. Une révélation.

 

 

Dans-les-citesDans les cités de Charles Robinson (Seuil). Un anthropologue à la découverte d’une cité. Erudit, foisonnant, hilarant, dérangeant et terrifiant, une fiction mâtinée de sociologie, d’architecture et de politique. Un OLNI.

 

 

carnet-retrouve-sur-un-cadavreCarnet retrouvé sur cadavre de Kevor Lewandowski (La Machine Folle). Futur livre culte introuvable, la lente agonie de Kevor Lewandowski inadapté chronique et fan de vinyls. En quelques pages, une bonne dose de phrase mythiques, drôles et désespérées, drôles parce que désespérées. Un chouchou.

 

 
la-disparition-de-jim-sullivanLa disparition de Jim Sullivan de Tanguy Viel (Minuit). Le plus beau roman américain a été écrit par un français cette année. Taquin et virtuose, Tanguy Viel offre une partition ultra-composée mais qui réussit à ne pas faire l’impasse sur l’émotion. Un grand pied.

 

 

nueLa Quadrilogie de Marie (Faire l’amour, Fuir, La vérité sur Marie, Nue) de Jean-Philippe Toussaint (Minuit). Parce que c’est beau, beau, beau, que Jean-Philippe Toussaint est un grand maître de la littérature, capable de la plus belle poésie visuelle et de la plus crue et cruelle réalité. Un absolu.

 

 

nouonsnousNouons-nous d’Emmanuelle Pagano (POL). Emmanuelle Pagano rend visible les liens qui nous unissent. Par une succession de petits tableaux disparates elle nous parle de nous et des autres, de nous contre les autres et avec les autres. Un universel.

 

 

 

Les tauliers

Certes, ils n’ont pas besoin qu’on leur fasse de la pub, mais fichtre, qu’est-ce que c’était bien.

Underground d’Haruki Murakami (Belfond)
Canada de Richard Ford (Editions de l’Olivier)
Un oiseau blanc dans le blizzard de Laura Kasischke (J’ai lu)
D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère (Folio)

 

Les titilleurs

Découvertes ou confirmations, parfois un peu boiteux, parfois suprêmement maîtrisés, des textes qui sans aucun doute grattent et frottent, interrogent et malmènent.

Paris est un leurre de Xavier Boissel (Inculte)
Une femme avec personne dedans de Chloë Delaume (Seuil)
L’hôpital d’Ahmed Bouanani (Verdier)
La constellation du chien de Peter Heller (Actes Sud)
Le garçon incassable de Florence Seyvos (Editions de l’Olivier)
Le plancher de Perrine Le Querrec (Les doigts dans la prose)
La claire fontaine de David Bosc (Verdier)
Prodiges® de Mariette Navarro (Quartett)

Chronique livre : Danse noire

de Nancy Huston

dansenoireNancy Huston fait partie de mes grandes prêtresses de la littérature, ces femmes qui inventent, malaxent, invoquent, percutent. Certains de ses romans m’ont accompagnée, et m‘accompagnent encore aujourd’hui. Mais las, même les plus grandes prêtresses peuvent se casser la gueule de temps en temps. Dèjà, son Infrarouge m’avait pas mal refroidie, Danse noire est une calamité : lourd, inintéressant, dépourvu de toute grâce. Continuer la lecture de Chronique livre : Danse noire