Chronique film : Adieu Gary

de Nassim Amaouche.


Pour être éblouis tout à fait, clic.

Charmant petit film que cet Adieu Gary, dont je ne savais absolument rien avant de rentrer dans la salle. Dans une belle cité ouvrière ensoleillée (d’Ardèche si je ne m’abuse), Samir revient au pays après un séjour en prison. Dans cette ville désormais sans usage (l’usine qui employait tout le monde est en train d’être démontée), le film oscille entre le récit du retour de Samir et la chronique villageoise.

Pas grand chose à reprocher à ce film. Amaouche a un vrai œil de metteur en scène, et démontre une belle maîtrise formelle. On est loin de la chronique naturaliste, le film étant très esthétique, avec une mise en valeur constante de ses personnages. Il aime ses protagonistes, et surtout les acteurs qui les interprètent, et Amaouche fait tout pour les mettre en valeur. Le film laisse par conséquent et rétrospectivement une impression lumineuse, chaleureuse et colorée, encore accentuée par l’utilisation très fine du son et des bruitages, qui donne un petit côté enchanté à cette histoire pourtant pas si drôle. La direction d’acteur mérite d’être soulignée, ils sont tous vraiment très bien. Amaouche sait parfaitement ce qu’il veut et réussit à l’obtenir, toujours à l’avantage de ses comédiens.

Là où le film pêche, c’est plutôt par son scénario, beaucoup moins fin que la mise en scène : dialogues pas toujours légers, situations caricaturales, symbolisme un peu appuyé. Rien de gravissime, d’autant qu’une très jolie scène de cow-boy (oui oui), laisse présager un certain talent à faire émerger des situations intéressantes. Mais ce handicap plombe quelque peu l’intérêt du film, qui paraît pour le coup trop gentillet et bien-pensant, sans que rien ne vienne vraiment gratter le poil. Un très joli coup d’essai cependant pour ce jeune metteur en scène fort prometteur.

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