Chronique livre : Full dark, no stars (Nuit noire, étoiles mortes)

de Stephen King.

fulldarkCela faisait un demi-siècle au moins que je n’avais lu du King. Full dark, no stars, sorti en France en 2012 sous le titre Nuit noire, étoiles mortes, est composé de quatre courts romans suivis d’une postface de l’auteur. L’édition Hodder a par ailleurs ajouté une très courte nouvelle Kingienne à mort en fin de volume, du genre de celles qui vous font faire des cauchemars pendant des mois, et autant vous dire que ça fonctionne.

It’s one of the vital ways in which we try to make sense of our lives, and the often terrible world we see around us.

Dans sa postface, Stephen King explique qu’il a du mal avec les écrivains qui ne prennent pas leur métier au sérieux, que raconter des histoires est pour lui une affaire sérieuse, permettant de donner du sens et d’essayer de mieux comprendre le monde affreux dans lequel nous évoluons. La lecture des quatre romans composant ce volume viennent parfaitement appuyer ces dires. En les lisant, il est évident que oui, King prend son métier au sérieux, et que bien au-delà d’histoires à faire peur, ses récits dévoilent, creusent, fouillent, raclent, les tréfonds de l’âme humaine.

Comment vivre avec soi-même, sa conscience, avec les actes que l’on a accomplis (1922, Fair extension), subis (Big driver) ou ceux que l’on n’a pas sus voir (A good marriage) ? Comment gérer la culpabilité ? La recherche du bien-être et d’une vie tranquille peut-elle tout justifier ? Le recueil, bien que composé de quatre textes très différents tant sur la forme que sur le fond, dégage une réelle homogénéité en ce qui concerne les préoccupations de l’auteur. Pas de réponses ici, les quatre personnages principaux réagissent tous à leur manière aux événements : un assassin meurt “rongé” par une culpabilité qu’il ne s’avouait pourtant pas, une gentille jeune femme en col claudine devient une vengeresse machiavélique, une femme au foyer fait vraiment tout pour préserver la quiétude de sa maisonnée, et un cancéreux conclut sans aucun remords ni moralité un pacte avec le diable.

La forme courte des récits leur apporte une belle compacité et un vrai dynamisme. Full dark, no stars est brillamment efficace, dérangeant et intelligent. Pas de doute Mister King, le travail d’un vrai professionnel sérieux.

Ed. Hodder

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