Chronique film : Épouses et concubines

(1991) de Zhang Yimou

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Qu’Arte soit maudite pendant 7×77 générations d’avoir diffusé Épouses et concubines en français. J’en reviens toujours pas. Alors bon, ils disent bien « appuyer sur la touche A/B » de votre télécommande pour avoir la version originale ». Mais j’ai pas de touche A/B sur ma télécommande. J’ai une télé 17″ de plus de 12 ans d’âge. Voilà. Maintenant, on peut passer au film.

Je ne suis pas très objective, Épouses et concubines, c’est un de mes plus gros chocs ciné d’adolescente, vu en salle, enregistré en VHS et vu et revu jusqu’à extinction de la bande. Je n’en menais pas large de le revoir, peur d’être déçue, que le film ne soit gâché par une VF de merde. Et bien non, Épouses et concubines reste une pure merveille, un éblouissement de chaque image. Dans un décor minéral, où on ne survit qu’en se fondant au paysage, on paie très cher le fait d’être vivante. Visuellement, le film est un véritable choc. Entrelacements de bâtiments gris, labyrinthiques, touches de couleurs disséminés, répétition infinie des gestes rituels, lanternes, massage de pieds… Zhang Yimou sait créer la dépendance filmique, en nous plongeant dans cet univers quasi-hypnotique. Le plan sur les pieds de Gong Li, privés de leur massage est fantastique, rien que d’y penser, j’en ai encore des picotements sous la voûte.

Les femmes sont perdues dans un environnement qui les étouffent à la moindre velléité de liberté. Le maître, figure pourtant centrale, ne reste qu’une silhouette. C’est un marionnettiste, il reste dans l’ombre, mais tire pourtant bien toutes les ficelles. Pas déçue donc par ce nouveau visionnage, même si la VF m’a donné envie de hurler.

Une réflexion sur « Chronique film : Épouses et concubines »

  1. DE SARLAT

    On me fait savoir, en insistant, que tu n’as pas eu l’audace de grimper la rue de Fenelon jusqu’au numéro 18 pour dire bonjour au libraire. … Mais je ne crois pas qu’il t’en veuille plus que ça !
    Bises,
    Stéphanie.

    Posté par LeLibraire, 06 octobre 2007 à 12:13
    GRUMPH.

    LeLibraire/Steph :
    1/ je n’y était pas seule à Sarlat.
    2/ je n’avais pas le temps.
    3/ j’avais vraiment la tête ailleurs.
    4/ le bureau des réclamations est à présent fermé.

    D’autres questions ?

    Posté par Anne, 08 octobre 2007 à 17:39
    Tiens, ton titre me rappelle cette chanson :

    Allumez les lanternes rouges
    Le palais se transforme en bouge
    La viande est rouge, le vin est rouge
    Le sang est rouge, les sexes bougent

    Le vin couve et l’orgie s’attise
    Les rires deviennent gras comme des porcs
    Les voiles de deuil font du striptease
    Le noir devient multicolore

    Refrain :
    Du beau, du bon, du grand roi
    Voyez mon beau père le crapaud
    Du beau, du bon, du grand roi
    Grossir et devenir pourceau

    Les doigts gras tachent les corsages
    Ils glissent de seins jusqu’en croupes
    Les mains préparent le voyage
    Les peaux s’appellent, les corps se groupent

    D’après les mains il sont bien douze
    A s’emmêler en sarabande
    Ces apôtres de la partouze
    Si pleins, si saouls, qu’aucun ne bande

    Ce chien de roi, ce roi des chiens
    La queue en baguette de tambour
    Qui en rotant du vin du Rhin
    Prend la reine et lui fait l’amour

    Refrain…

    (Hamlet Hallyday, l’Orgie – paroles : Gilles Thibault)

    Posté par Richard, 08 octobre 2007 à 23:43
    HUM.

    Richard : après du Bézu, tu introduis du Hallyday en ces lieux… mesures tu les conséquences de tes actes ?

    Posté par Anne, 09 octobre 2007 à 09:48
    Bah, j’ai introduit Shakespeare, faut pas te plaindre !

    Posté par Richard, 10 octobre 2007 à 14:28

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