Chronique film : Paris

de Cédric Klapisch.

Plutôt agréablement surprise par ce film dont je n’attendais rien. J’avoue un peu honteusement avoir passé un bon moment, un vague sourire collé aux lèvres. En dehors de l’histoire pathos portée par Duris (pas très bon, sauf en danseur de Moulin Rouge), on se laisse porter par ce chassé-croisé sans queue ni tête. Binoche au naturel, en assistante sociale butée contre les mecs est très crédible, et a rarement été aussi belle. Le charme tient beaucoup à quelques petites réparties bien senties. Luchini, cinquantenaire perdu, est émouvant, en pleine mise en abyme de son personnage public. Quand il essaie de s’ouvrir à son frère successful, « normal », ce dernier lui rétorque « oh lala toi tu devrais reprendre le squash ». Bien vu, on m’a tellement sorti de conneries de ce genre, que je ne peux qu’adhérer.

On sent le brain-storming derrière le propos du film, le travail du scénariste qui s’est vraiment demandé « c’est quoi Paris ? ». En ça le film est assez intéressant, car, malgré le recours aux lieux phares parisiens, l’utilisation qui en est faite est loin d’être cliché : le rayon boucherie de Rungis sert de baisoir à un mannequin en manque, la hauteur de la tour montparnasse sert de dispersoir à cendres, et la tour eiffel devient le lieu de la déception amoureuse. Jolie scène d’ailleurs que celle de cette dispersion de cendres, où les points hauts de paris (montparnasse, eiffel, montmartre) sont utilisés en parallèle et reliés entre eux par les cendres, la longue vue, un téléphone portable. Voilà une vraie bonne idée.

Paris décor, passe alors comme paris acteur du destin des individus qui l’habitent, ou rêvent d’y venir. Peu ou prou, la ville devient élément de la vie de chacun, moteur de leurs actions. Le film est dans son ensemble assez amer, mettant en scène des solitudes qui s’entrechoquent, dans quelque chose d’un peu trop grand pour eux. Pas si mal.

16 réflexions au sujet de « Chronique film : Paris »

  1. plutôt pas mal ce film. Je regrette que tu n’aies pas fait mention de la fameuse scène chez le psy, que j’ai trouvé vraiment excellente…
    Bon sinon je suis allée voir ta nouvelle aventure hier mais n’ai pas réussi à te mettre un commentaire (?)Alors je vais y retourner mais je te mets le commentaire ici , je te disais que je trouvais dommage de ne pas voir tes fotos en plus grand, ce qui aurait pu nous permettre de lire toute la guirlande des pancartes par exemple. Bon j’y retourne !

  2. peut-être que finalement je vais aller le voir … tu m’as complètement retourné le cerveau et mes désillusions (après Burton, Kusturika … Klapish ?) comme quoi les beliers ne sont pas tous têtus !

    merci

  3. Paris, c’est bien ? Parisien, c’est bien aussi ?

    Né dans la ville, (faut bien naitre quelque part non ?) et connaissant bien tous les arrondissements (connais-tu la rue du chat qui pêche?) je suis bien tenté d’aller voir ce film, même si Luchini m’agace quand il en fait trop et puis Klapisch, j’suis sur que c’est un type bien

  4. Illustration.

    Didier : en fait, j’ai pas beaucoup de bibelots chez moi, la déco c’est pas trop mon truc, il faut vraiment que je me creuse la tête à chaque fois !

    Contini1: effectivement, heureusement, tu es là pour me la rappeler cette scène Pour ma nouvelle aventure, c’est noté, je verrai ce que je peux faire, promis Merci ! Bizarre pour le com, en théorie ça devrait marcher…

    Piia : tu as aimé ces films ? raconte ! Pour les illustrations merci. Comme j’ai dit à Didier, je me creuse pas mal la tête ! Pas toujours facile, et pas toujours d’inspiration

    Still : on peut pas toujours être au top

    Philippe : bien aimé Luchini dans ce film, tout plein de failles. Alors comme ça tu es parisien ? je te parle encore ?

    Ehiie : y’a sûrement mieux à voir, mais c’est agréable, c’est arrivé au bon moment pour mon cerveau

  5. oui j’avais adoré à l’époque Le péril jeune qui était véritablement mon film culte (j’étais amoureuse de Duris )avec chacun cherche son chat que je préfère maintenant au Peril jeune. Puis Peut-être qui pour un film de « science-fiction  » est je trouve sans prétention et dure à cerner de par son côté philosophique. Qd j’ai vu Un air de famille j’ai cru voir le dernier film de Jaoui et Bacri (c’est un compliment). Et puis vient l’Auberge Espagnole avec un Duris transformé mais toujours très doué. Personnellement il me semble que Klapisch sait évoluer selon ses acteurs fétiches et une génération qui est la notre.
    Et puis ce que j’ai oublié de dire c’est le rire d’outre tombe de Duris me fait mourir de rire

  6. Pas si mal ?

    Objectif : ah bon ? pas ici. Pas si mal = pas si mal que j’imaginais. Rien d’un chef d’oeuvre, mais un agréable moment, qui remplit bien son cahier des charges et même un chouia plus

    Piia : oki ! Et le Kusturica ? le Burton ? tu as aimé ?

    Laetirature : en même temps, on reçoit d’un film ce qu’on est prêt à absorber à ce moment là, c’était sans doute moi qui était amère

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