Chronique film : Phénomènes

de M. Night Shyamalan.

Pas très grande fan du cinéma de M. Night Shyamalan (MNS comme disent les Inrocks pour faire snob), je me suis pourtant laissée tenter par le thème. Quand on a un peu de flair, les films de MNS, c’est un peu des soufflés qu’on aurait sorti du four 8h en avance. Alors parfois c’est quand même assez bien fait (Sixième sens, Incassable, Signes) et parfois c’est désolant (le Village).

Dans Phénomènes, force est de constater que le seul truc vraiment phénoménal, c’est le nombre de micro-perches qui rentrent dans le cadre (j’en ai dénombré dans pas moins de 4 scènes, plusieurs passages par scène). Pour une production de cette ampleur, ça la fout relativement mal, comment dire, ça a un goût de bâclé. Vous allez me dire que je chipote, ok, mais pourtant c’est l’impression générale qui se dégage du film. MNS tenait un sujet en or, qu’il ne fait que survoler sans jamais essayer de l’approfondir. Il y a effectivement quelque chose de réellement angoissant à ce que les humains perdent soudain leur instinct de conservation, et se suicident en masse. C’est un événement perturbant au plus haut point qui remet en cause la nature même de l’Homme. L’explication du phénomène arrive bien trop tôt dans le film (d’ailleurs, y avait-il vraiment besoin d’une explication aussi lourdingue ? l’angoisse est tellement plus forte quand la cause est ignorée), ce qui gâche en partie le suspense, obligeant MNS à recourir à des artifices de scénario pour meubler son film : une mamie inquiétante, un couple qui a des problèmes existentiels… En même temps, perso, côté scénar, je trouve ça assez con de folâtrer dans les champs, alors que la menace vient de la nature, mais c’est que mon point de vue perso, j’aurais p’tet pas survécu 3 secondes.

Côtés points positifs MNS rythme parfaitement son film, alternant les séquences en petit malin pour nous tenir en haleine sans, pourtant, accélérer l’action : si la mort est rapide, son arrivée est lente, et ça tord grave les tripes. Les scènes de suicide sont de ce fait très impressionnantes et vraiment marquantes, justement par leur durée. MNS réussit assez bien à rendre une bucolique campagne très angoissante, c’était un pari pourtant assez risqué. Le film passe très vite, mais il est très court, et laisse un goût d’inachevé. On ressort de là en étant vachement savant : il faut être gentil avec la nature, ne pas avoir l’instinct grégaire et surtout il faut avoir des enfants quand on est un couple, sinon c’est pas bien.

Bref, pas un mauvais moment, un peu bof quand même, mais MNS en passant à côté de son sujet a loupé le grand film qu’il aurait (enfin) pu réaliser. Dommage.

3 réflexions au sujet de « Chronique film : Phénomènes »

  1. « MNS » a déjà réalisé un grand film avec « La jeune fille de l’eau » qui, parce qu’il ressemble moins au Shyamalan auquel on est habitué, est drôlement bien fichu.
    J’ai regardé la BA de « Phenomènes » (que j’irai voir parce que malgré l’atroce « Village », j’ai toujours un peu d’espoir en M. Night), je suis plutôt attirée par les scènes marquantes dont tu parles… mais franchement, quand j’ai écouté l’interview du réalisateur, il m’a fait un peu de la peine. Je crois que Shyamalan n’a pas beaucoup de recul par rapport à son cinéma, et qu’il cache bien sa prétention innocente.
    En même temps, il a vécu la mort, lui. Hum.

  2. Phénomènes.

    Aurélie : je n’ai point vu « la jeune fille… » Ce qui est très regrettable chez Shyamalan, c’est qu’il a des sujets en or, et qu’il a l’analyse d’un gosse de maternelle dessus. Pas glop ! merci pour ta visite

    Philippe : certains pensent que c’est fait exprès… mouais…

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