Chronique film : Les sept jours

de Ronit et Shlomi Elkabetz.


Clique sur ton grain préféré.

A la mort de leur frère Maurice, une famille (nombreuse) israelienne se réunit, selon les traditions, pendant sept jours dans la maison du défunt. Tristesse et réglement de comptes sous la menace des bombes irakiennes.

Le film démarre plutôt bien par l’enterrement de Maurice. Les femmes hurlent, les hommes les entourent. Soudain, ils sont tous contraints de mettre leurs masques à gaz car une alerte retentit. Voilà hommes et femmes, accomplissant les actes rituels, priant, tous sauf la mère, avec une gueule de mouche. Voilà ensuite notre smala, condamnée à être enfermée pendant une semaine chez Maurice. Les rituels, bourrés d’interdits doivent permettre au défunt d’acquérir la paix. C’est bien mené, et assez drôle. Les scènes de groupes sont joliment calculées. On se dit qu’on va assister à un film grinçant sur le poids des traditions dans la religion.

Mais là, problème : il y a une bonne quinzaine de personnages. Le montage est totalement embrouillé, et on met bien une heure à réussir à repérer qui est qui. Des petits bouts d’histoires filmés très statiquement en huis clos, ça aurait pu être une bonne idée, sur fond de deuil. Mais le film dérive vers un psychodrame tout ce qu’il y a de plus basique. Figurez vous que les 6 ou 7 frères et 2 soeurs se déchirent pour des histoires d’argent. Alors ça crie (mal) dans tous les sens, les sacs se vident, et tout tombe à plat. Aucune émotion, aucune implication quelconque pour la spectatrice que je suis. Il ne suffit pas de filmer quelqu’un qui pleure silencieusement et en gros plan pour faire surgir la larme à l’oeil. La scène du grand déballage frôle les cours de théâtre manquant de direction d’acteurs, rigide, nigaude, incroyablement ennuyeuse. On finit par se foutre totalement que machine ait trompé machin avec truc.

Le grand problème de ce film est qu’il se prend très au sérieux. En dehors de la première scène, le premier degré est roi : attention spectateur, le sujet est sérieux. D’ailleurs quel sujet ? la place des traditions juives dans la société actuelle ? le pouvoir néfaste de l’argent sur les hommes ? le fait que la guerre c’est pas beau ? que c’est pas facile d’etre une famille mais que c’est beau quand même ? Honnêtement, je ne comprends absolument pas l’engouement des critiques pour ce film, alors qu’ils boudent le totalement délicieux Voyage aux Pyrénées. Vas comprendre…

2 réflexions au sujet de « Chronique film : Les sept jours »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.