Chronique film : Valse avec Bachir

d’Ari Folman.


Entre dans la danse en bousculant les danseurs avec ta souris.

Grosse déception pour ce film au buzz émerveillé. Un réalisateur israélien qui a été officier pendant la guerre du Liban, part en quête de sa mémoire. Toutes les images de la guerre se sont effacées pour lui, à part une vision qui le poursuit et dont il ignore si elle est réelle ou non.

Valse avec Bachir est un documentaire autobiographique, parsemé d’images de reconstitutions historiques et de flash-back. Son originalité est d’avoir été tourné sous la forme d’un dessin animé. On ne peut remettre en question l’intégrité, la sincérité de l’entreprise en question, ni l’utilité documentaire du film. Malheureusement le fait de raconter l’histoire sous forme d’animation est un échec. Les graphismes et les mélanges de techniques sont vraiment laids et l’animation est catastrophique. J’avais l’impression de me retrouver dans un jeu vidéo du siècle dernier (vous vous souvenez, quand il y avait des dialogues à mener entre deux personnages mal synchronisés, et qu’il fallait choisir la ligne de dialogue qu’on voulait faire prononcer par le héros ? ).

Cette maladresse au niveau de la forme plombe complètement le film et m’a laissé à deux mille kilomètres de toute émotion. Pourtant on ne peut qu’applaudir l’intelligence du processus : l’animation apporte de la distance. Tant que le héros ne réussit pas à rassembler ses souvenirs, que son passé lui apparaît flou, on est en animation. A la toute fin du film, il a réussi à se remémorer tous les événements auxquels il a participé, les images d’archives prennent la place du dessin animé. Cette brusque introduction du réel, si elle est pleinement justifiée par le dispositif, apparaît alors comme une prise en otage émotionnelle du spectateur. C’est assez déplaisant.

Il y a des milliers di’dées dans ce film, notamment des passages oniriques intéressants, des mélanges de rêves et réalité, un réflexion sur ce qu’est la mémoire et sa plasticité. Mais rien ne fonctionne vraiment, la faute à ces graphismes, ces couleurs et ces animations maladroites qui alourdissent le propos, et le rendent très brouillon. Bref, un machin intéressant, intrigant, intelligent, mais qui ne décolle jamais à cause d’une technique vraiment trop défaillante. Dommage.

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