Chronique livre : Le Père Goriot

d’Honoré de Balzac.


Encore plus collé-serré, clic.

Comment faire une critique d’un classique comme le Père Goriot ? A ma grande honte, Je n’avais plus replongé le nez dans Balzac depuis le collège et une malheureuse expérience avec Eugénie Grandet. Peu convaincue à l’époque du génie balzacien, je préférais garder mon nez collé aux écrits de Maupassant, Flaubert, Racine et Dumas. Petite remise à niveau culturel donc, avec cette lecture. Bon. Que dire donc d’un classique ? ben c’est bien.

L’écriture, très dynamique de Balzac laisse la place belle à des descriptions implacables, et des dialogues de haute volée. Ces dialogues souvent proches de l’hystérie ont visiblement influencé Dostoïevski, tant parfois, ils m’ont fait penser à ceux de l’Idiot. L’oeil est acéré, la plume facile, et la psychologie poussée. Le livre a dû faire bouillir les féministes tant les nanas sont dépeintes sous des jours peu glorieux : superficielles, vénales, coquettes, ou sans caractère aucun. Les mâles ne sont pas bien gâtés non plus, mais sont quand même pourvus de certaines qualités.

A part ça, il faut avouer que, même si les thèmes abordés sont éternels et gardent toute leur actualité, le Père Goriot a quand même un peu vieilli. Le personnage de Goriot, avec son amour exclusif et aveugle sur ses connasses de filles est assez insupportable et par trop caricatural. Victime de son amour, de ses filles, d’une société pourrie par l’argent, par l’oisiveté et par l’attachement aux apparences sociales (la scène de l’enterrement est proprement sidérante), le personnage de Goriot n’arrive jamais à être vraiment sympathique, et nous laisse un peu à distance du récit.

Alors au final ? bien sûr un formidable roman, mais que je soupçonne n’être pas le meilleur de son auteur. Me reste maintenant à reboucher quelques autres cratères de ma culture classique…

9 réflexions au sujet de « Chronique livre : Le Père Goriot »

  1. Pour le Père Goriot, je n’en garde que le souvenir d’un vieillard sur un tas de gravat corvée littéraire de mes années lycées. Du bon Balzac on n’en trouve notamment dans Petites misères de la vie conjugal, un régal d’ironie et d’impertinence, presque encore d’actualité. Sinon, j’aime beaucoup l’esprit de ton blog.
    Merci!

  2. Goriot.

    Antoine : peut-etre pas un livre à lire au collège donc. Merci de la visite.

    Laetirature : Oups j’avais déjà quasiment oublié Vautrin… ça m’a moyennement passionné, j’avoue. Bonne soirée Laeti !

  3. J’ai la chance d’habiter à 20 kms de Saché, joli village où Balzac dans sa petite chambre du second étage, écrit plusieurs chefs-d’œuvre dont Le Père Goriot, Les Illusions perdues et La Recherche de l’Absolu. Je passe devant le château une à deux fois pas semaine.

  4. Balzac après Beckett… ça fait moins classe mais quand même, un retour aux classiques. Est-ce que je peux encore te dire merci de m’avoir fait découvrir Alamut de Vladimir Bartol. Je l’ai relu et c’est vraiment très bon.

  5. c’est le grand malheur de ma vie, j’ai lu énormément, et je continu, mais je n’ai jamais vraiment lu non plus les classiques… plus attiré par la littérature américaine beatnik…

    Ps: merci pour tes passages chez moi

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