Chronique film : Two lovers

de James Gray.


Encore plus coquin, clique.

Leonard est un garçon pas très bien dans sa tête. Blessé, fragile, il mène une vie terne chez ses parents, gentils mais pots de colle. Dès qu’il aperçoit sa nouvelle et blonde voisine, il tombe immédiatement amoureux d’elle. Mais ses parents lui présentent une jeune et brune potentielle, bien sous tous rapports, stable, qui satisferait parfaitement aux intérêts de la famille.

Longtemps attendu, j’avoue ne pas être complètement séduite par Two lovers, sans savoir vraiment expliquer pourquoi : c’est un film parfait. Le scénario est millimétré et les personnages finement dessinés : Leonard, instable, fragile, maladroit sans pourtant être un total lourdaud s’évade par la photographie, condamné à regarder ce qu’il aime au travers d’un objectif, d’un téléphone ou d’une vitre, à distance, Sandra, l’amoureuse discrète, raisonnable, gentiment rasoir et Michelle, l’insaisissable instable et sublimée. L’attention portée aux décors est impressionnante : la chambre de Leonard, chambre de garçon, remplie de bordel et de poussière, l’ensemble de cadres sur les murs…

Mais bon il faut avouer que cette histoire de triangle amoureux est une fausse bonne idée. On ne doute pas une seconde de l’issue du film, et on se désintéresse donc assez vite de l’histoire. Alors on se concentre sur la reste, et il faut avouer que ça vaut le coup. La photographie est une pure merveille, souvent sobre et élégante, avec parfois des cadrages très doux et audacieux (un très joli plan très serré sur une main qui caresse une joue, les clichés noir et blanc de Leonard sur le beau visage de Sandra). Gray sait s’adapter aux scènes, avec une caméra assez mobile et souvent fluide, son savoir-faire est impeccable. Très impressionnant aussi le travail sur le son, on est plongé en immersion dans ces appartements, avec leurs bruits de fond propres.

Bref, rien à reprocher à ce film où tout est impeccable, mais il me manque le petit truc qui aurait pu me déchirer les tripes et me faire crier à l’injustice éternelle des amours impossibles.

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