Chronique livre : La grande bleue

de Nathalie Démoulin.

Difficile d’écrire sur ce livre tant il est paradoxal. En brossant le portrait d’une jeune femme dans les années 70, Nathalie Démoulin fait montre d’une belle ambition, sensibilité et culture. Il y a en effet l’envie de bâtir un livre ample, en mêlant la petite histoire intime de son héroïne, et les bouleversements historiques des années 70. En sous-texte, il y a évidemment toute un réflexion sur la condition de la femme, la notion de liberté, d’émancipation. L’écriture de Nathalie Démoulin, classique, est plutôt belle.

Malheureusement, il est bien difficile d’être aussi ample et ambitieux en seulement deux cents pages. Nathalie Démoulin utilise donc un procédé littéraire consistant, après une exposition des motifs de chaque chapitre, à invoquer l’Histoire, et à anticiper les histoires de ses personnages grâce à la formule “on + futur simple” : “On verra alors, … on sera alors,…”. Évidemment, au lieu d’apporter de l’ampleur, le procédé enferme son récit dans une forme systématique et sclérosante. Le livre en acquiert une grande lourdeur, que ne compense pas l’intérêt du sujet. Cette forme roide tient également à distance toute émotion, alors même que cette histoire porte en elle une certaine charge émotionnelle.

Comme son héroïne, mariée trop jeune, qui a l’impression de ne pas vivre sa vie, le lecteur est tenu à distance du roman, et a bien l’impression qu’on ne veut pas de lui dans ce récit. C’est bien dommage, tous les ingrédients de base étaient bons.

Collection La brune
Ed. du Rouergue

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