Chronique film : Killer Joe

de William Friedkin.

Après le fabuleux Bug, William Friedkin nous propose un film complètement différent, assez difficile à qualifier.

Soit une famille, le père Ansel, son fils Chris, sa fille Dottie, le chien (Shut up, T-Bone !) et la belle-mère Sharla. Ansel, proche de l’homme de Néanderthal n’a jamais d’idée sur rien, tandis que Chris a des idées sur tout, mais qui sont toutes mauvaises. Par exemple tuer sa mère pour toucher son assurance-vie. C’est un peu radical, mais tout le monde est d’accord, y compris Dottie, Lolita ambiguë, toute en rondeurs et fausse innocence. Ils embauchent un policier véreux, Joe, pour accomplir cette mission, mais n’ayant pas un sou devant l’autre, lui donne Dottie comme caution. Encore une idée qui va se révéler très très mauvaise.

Ce qu’on retient avant tout dans ce film, c’est l’incroyable performance de Matthew McConaughey. Il est vraiment énorme, opaque, dangereux. Le duo improbable qu’il forme avec Dottie, la poupée Juno Temple, vraiment bien aussi, donne lieu à des scènes d’anthologie, dont une scène de strip-tease pour le moins tendue. La mise en scène de Friedkin, tout en évitant tout bon goût, est totalement implacable. Que Joe pose avec minutie ses instruments sur une table ou que Dottie esquisse quelques maladroits pas de danse, on tremble. Et on suffoque lors d’une scène éprouvante à base de pilon de poulet (non mais il faut le voir pour comprendre).

C’est hyper violent, hyper trash, à la fois dans les actes et dans le portrait de l’Amérique que dresse Friedkin. Un film impressionnant de maîtrise, à la nuance près du final qui tourne au grand guignol. Mais sinon, chapeau.

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