de Živko Čingo.
Je n’ai pas le souvenir d’un autre endroit où l’enfance meurt si rapidement. Que je sois maudit s’il existe un autre lieu où l’on enterre aussi impitoyablement l’enfance.
Il y a ce pays, ou peut-être un autre, sur lequel la guerre a déferlé, laissant derrière elle des orphelins qu’on se dépêche de parquer derrière de très hauts murs. Il faut leur apprendre à ces enfants, par tous les moyens possibles, l’ordre, le patriotisme et la morale, le tyran renversé pour le bonheur du peuple. Mais l’enfance a ses exigences et ses espoirs. Elle s’invente, invente des lieux de paix et de lumière derrière les murs, transforme les barrières en passerelles et un insignifiant bout de bois en figure consolatrice. L’enfance devient alors insaisissable, elle coule entre les doigts des bourreaux par la seule grâce du rire et de l’espoir. On ne peut pas maîtriser ce qui nous échappe.
mais vous comprendrez que l’homme a parfois envie de fuir l’ordre
Par le pouvoir de l’écriture, Živko Čingo oppose à la dictature de l’ordre et de l’obéissance le refus de la haine. Parsemant cette terrible histoire d’éclats de couleurs, de rire et d’espoir, son subtil jeu de mises en abyme et ses phrases heurtées, instables et répétitives, aussi insaisissables que l’enfance font naître la beauté parmi les ruines. Jusqu’au bouleversement.
Comment est-il possible que le fils de Keïten soit mort, (…) qu’il ne rirait plus. Que je sois maudit, son rire. Que deviendrait alors le jour, la nuit, le soleil, les étoiles, le vent, l’eau, tout, tout deviendrait sur cette terre silencieux et désertique.
Ed. Le nouvel Attila
Trad. Maria Bejanovska
Cinquième et dernier roman lu dans le cadre du Prix du roman Fnac 2016, et pour être honnête une pointe de déception. Il n’y aura pas eu cette fois-ci de grand coup de cœur, comme le magnifique
Non non et non. Impossible. Mais pourquoi ? Pourquoi le roman en lequel je croyais le plus dans les cinq livres reçus pour le Prix du roman fnac se révèle-t-il bien plus que décevant ?
Troisième livre lu dans le cadre du Prix du roman Fnac 2016, et tout de même jusqu’à présent j’ai vraiment du bol. Parmi les quatre cent et des brouettes romans de la rentrée littéraire de septembre, il doit y avoir beaucoup de déchets, et touchons du bois, je n’ai pas l’impression d’être tombée dessus. Si, tout comme les deux livres précédents de la sélection, Un ours qui danse n’a pas fait accélérer mon rythme cardiaque au point de hurler au chef-d’oeuvre, il se lit cependant avec plaisir et intérêt. Bref, c’est tout à fait honnête.
Deuxième livre lu dans le cadre du Prix du roman Fnac 2016 et en attendant la lecture des trois suivants, M pour Mabel sera sans doute la surprise la plus inattendue du lot de cinq. Derrière son titre, sa couverture et son éditeur sur lesquels je n’aurais pas misé un kopek, M pour Mabel m’a en effet embarquée, surprise, déroutée.