de Jean-Pierre et Luc Dardenne.

Beaucoup mieux en grand format, en cliquant sur les baskets du petiot.
BOUHHHHHHHHH OUHHHHHHHHHH OUHHHHHH. Ah mon dieu mon dieu mon dieu, je n’aurais jamais pensé devoir dire ça un jour : le nouveau film des frères Dardenne est pas mal. Juste pas mal. Je sais ça fait mal. Pour ma rentrée ciné, je pensais taper au top. Déception donc pour ce film encensée par une presse pour une fois quasi unanime.
Lorna, une jeune et jolie albanaise, est mariée à Claudy, un camé belge. Mariage arrangé par le milieu pour que la jeune femme obtienne sa nationalité belge. Drogue, argent, arnaque, mort, une nationalité belge, ça se paie très cher. Récompensé à Cannes pour son scénario, Le silence de Lorna pêche par sa mise en scène, très en dessous des précédents films des maîtres. Moins nerveuse, moins inventive, plus distanciée, ça reste bien, mais un peu plat.
La première partie réussie cependant à se tenir à peu près, en grande partie grâce à Jérémie Rénier, et à une superbe ellipse qui prend aux tripes. La seconde partie, entièrement centrée autour de Lorna est franchement poussive. L’actrice a beaucoup de mal avec le français et ça se sent, son jeu très neutre finit par paraître très fade. Le meurtre de Claudy bouleverse Lorna sans qu’elle puisse l’extérioriser. Elle s’invente une grossesse pour matérialiser cette disparition trop douloureuse. Le masque de petit soldat de Lorna tombe pour laisser place à une femme enfin humaine et bouleversée. Mais cette émotion ne passe pas, et l’errance finale de l’héroïne, perdue dans la forêt, parlant à son utérus sur trois notes de Beethoven m’a fait pousser des « oh ben non quand même » peu sonores mais très sincères.
Bref, un tout petit Dardenne, certes rien de honteux, mais pas bien puissant non plus.



