Chronique livre : La Morue de Brixton

 de Timour Serguei Bogousslavski

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C’est avec une légère pointe d’anxiété que j’aborde la chronique de ce pavé merveilleux. Je sais qu’elle sera lue. Premier roman autobiographique, publié il y a dix ans, d’un homme de 84 ans, La Morue de Brixton est à ranger dans la catégorie des livres qui peuvent changer une vie, ou du moins la perception qu’on a de la vie, et la façon d’aborder la sienne propre.

Dans un style d’un incroyable richesse, coloré, foisonnant, émaillé d’un argot aujourd’hui exotique, le livre s’approche doucement pour se finir au pas de course. Un fois achevé, une fois posé au pied du lit, on ne peut s’empêcher de le rattraper du bout des doigts, d’en relire les premières pages, pour quelque temps encore côtoyer ce fascinant personnage au passé sombre et à la plume lumineuse.

Privé de sa mère trop tôt, fils d’aristo déchu, amateur de beauté et d’art, il s’est crée une vie, libre des contraintes de la société, ne suivant que son cœur et son inextinguible soif d’aimer et d’être aimé. C’est parfois très noir, le drôle payant souvent cher le prix de sa liberté, baladé de geôles en cages, mais réchappant à tout. Il traverse la guerre, l’espadrille trouée mais la dégaine hautaine, le mépris pour tout ordre établi, tout travail régulièrement rémunéré, toutes religions. Il crache sur tout et tout le monde, exècre la misère.

Et pourtant, ému par le moindre geste de bonté, bouleversé par la beauté du monde et des êtres, c’est baigné de lumière qu’on achève ce roman qui tourneboule. Alors on rêve quelques instants d’être aimé d’un amour aussi profond et sensible, aussi tendre et absolu, et d’aimer, de la même manière.

Être paradoxal, hors-norme, contestable et libre, Timour Serguei Bogousslavski a écrit là un roman magistral, et a gagné le salut profond de la pauvre salariée, abrutie par le système que je suis. Il me paraît indispensable que les nombreux lecteurs de ces quelques lignes se procurent par tous les moyens légaux (ou autres), La Morue de Brixton. Dont acte ?

 

2 thoughts on “Chronique livre : La Morue de Brixton”

  1. JOLI

    Lu.
    Tu l’as abordé de la seule manière possible : avec le coeur. Ce livre est un pur chef-d’oeuvre inconnu, et effectivement il change une vie. Je prie pour que tes très beaux mots élargissent un peu le cercle des amis de Timour. Pour l’instant, on doit être une dizaine à l’avoir lu. Et je suis sûr que si plusieurs personnes le commandent, on va le sauver du pilori !
    Merci d’avoir aimé ça …

    Posté par Gols, 18 juillet 2007 à 09:42
    TOUT LE PLAISIR ÉTAIT POUR MOI !

    Oui, je l’ai abordé avec le coeur, et même s’il fait fonctionner la tête, c’est avec les organes que se déguste La Morue de Brixton.
    Grand merci à toi de me l’avoir suggérée. Et puis, ça fait sortir mon blog du marasme du commun, puisque je dois être le seul à en parler.
    Courbettes respectueuses, et oreilles avides de conseils

    Posté par Anne, 18 juillet 2007 à 18:59
    Merci de ce chaleureux commentaire je le lirai avec grand plaisir!

    Posté par still, 18 juillet 2007 à 23:21
    dont acte ! je me propulse de ce pas sur amazon
    vous m’avez communique l’envie de decouvrir cette fameuse morue

    Posté par tao le chat, 19 juillet 2007 à 15:45
    RESPECT TOTAL

    Alors là, miss… Tu as plus fait pour Bogouss en 2 jours que je ne suis arrivé à en faire depuis ma première lecture du gars (en 1999). Chapeau bas. A 5 lecteurs, je t’offre la Morue dédicacée par Timour ! ou par moi, au choix.

    Posté par Gols, 19 juillet 2007 à 18:54
    C’EST PAS GAGNÉ !

    Gols : rien n’est gagné, faut il encore qu’ils réussissent à se le procurer, et à le lire ! J’attends les rapports avec impatience Sinon, tu sais bien que la moindre dédicace de toi, fait bonfir mon coeur de joie !

    Still : ahhh ce serait chouette, visiblement Gols me fait un cadeau si je trouve 5 lecteurs

    Tao le Chat : rien ne me fait plus plaisir ! J’espère que vous réussirez à le trouver, et le lirez avec autant de gourmandise que moi

    Posté par Anne, 19 juillet 2007 à 20:38
    je viens de le commander au Furet.

    Posté par jeanne, 21 juillet 2007 à 22:06
    PLAISIR

    Jeanne : alors là, rien ne peut me faire plus plaisir ! Merci

    Posté par Anne, 22 juillet 2007 à 22:02
    Toujours en attente..pfff. Bonnes vacances Anne.

    Posté par jeanne, 15 août 2007 à 00:14
    PAS LU, PAS PRIS

    Ce qui est sur c’est que tu m’as donné une envie folle de me le procurer.. et vite ! Merci…

    Posté par Philippe, 20 août 2007 à 23:48
    ARRIVÉ ?

    Jeanne : alors, il est arrivé ? je ne devrais pas le dire, mais je l’ai commandé d’occaz sur internet…

    Philippe : youpi ! Lis lis, tu ne le regretteras pas !

    Posté par Anne, 22 août 2007 à 11:04
    Je l’ai depuis samedi dernier, commencé ce soir…je savais que je pouvais te faire confiance ).

    Posté par jeanne, 03 octobre 2007 à 22:57
    CONFIANCE.

    Jeanne : je suis vraiment très très heureuse d’avoir donné envie de lire à quelqu’un qui a vraiment suivi mes conseils. Pour le coup, je te fais un gros bisou !

    Posté par Anne, 04 octobre 2007 à 18:47
    Lu ce livre il y a 10 ans, il m’a effectivement changé la vie.

    Posté par Yes, 02 janvier 2008 à 19:39
    ARTICLE NUL À CHIER

    ton article ne veut rien dire. Il ne présente en rien le bouquin, et se contente d’un bloc de sentiments de puceau littéraire. Bref, un truc fadasse. à foutre à la poubelle.

    Posté par pfff, 14 juin 2009 à 01:15
    MERCI PFFFF

    Merci pffff pour ce commentaire constructif et hautement signifiant. Il présente magistralement bien le bouquin et analyse en profondeur l’essence de ce magnifique livre. Un travail de grand professionnel, c’est évident. Plein de piquant, et qui restera dans les annales.

    Posté par Anne, 14 juin 2009 à 11:13
    PFFF AUSSI

    Tout à fait d’accord avec Pfff : ton article a été écrit avec le coeur, en amoureuse des livres, alors que la prose de Bogouss gagne indéniablement à être décortiquée scientifiquement, froidement, un peu comme une grenouille, comme sous un microscope. C’est un livre qui mérite le scalpel, et toi, bêtement, tu réagis avec enthousiasme. Et vas-y que j’ai aimé le livre, et vas-y que j’explique pourquoi… non, mais où va-ton ? Si on se met à parler littérature avec amour et passion, jusqu’où s’arrêtera-t-on ?
    Pfff, tu peux me compter parmi tes adeptes. J’attends ta propre critique de La morue, enfin libérée de toute passion, et qui saura, j’en suis sûr, rendre compte pleinement de la mesure de ce livre.

    Posté par Gols, 14 juin 2009 à 12:44
    In memoriam

    Serguei Bogousslavski est mort le 30 Octobre 2009 à l’âge de 95 ans à Nyon en Suisse.

    Posté par lacLéman, 13 novembre 2009 à 22:23
    MERCI À TOUS

    Comme ça fait plaisir de lire votre prose à tous quand on vient d’apprendre la mort de Serge. Nous avons aimé son livre, et aimé le personnage. Il nous manquera.
    Des huit cents titres que nous avons publiés, c’est La Morue qui nous a valu le plus grand nombre de lettres (presque toutes pleines d’émotion ; presque toutes élogieuses…

    Posté par arléa, 30 novembre 2009 à 16:51
    JE L’AIME MOI ,TITI

    a la folie

    Posté par ana, 30 juillet 2010 à 12:16
    TIMOUR

    Lac léman et Arléa : un bien triste nouvelle c’est sûr… heureusement qu’il reste la Morue.

    Ana : le cercle n’est donc pas si réduit des admirateurs de cet auteur. Soyez en remercié.

    Posté par Anne, 30 juillet 2010 à 15:09

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