Chronique livre : Onze histoires de solitude

de Richard Yates.


Chacun dans sa bulle.
Clique.

Après La Fenêtre Panoramique, force est de constater que Yates s’impose comme un outsider très intéressant de la littérature américaine de la deuxième moitié du XXème siècle. Si ses Onze histoires de solitude sont un tout petit peu inégales, et d’une écriture sans beaucoup de flamboyance, il faut cependant reconnaître un immense talent de portraituriste à Yates.

Il réussit à doter ses personnages de caractère, ou plutôt il réussit à les rendre vivants avec beaucoup de talent. Il concentre son attention notamment sur leur gestuelle, leurs mimiques, comme révélateurs de leurs sentiments. On est pas dans le descriptif au premier degré ici, mais plutôt dans une vision assez cinématographique de la littérature. Les scènes se déroulent sous nos yeux, et c’est au spectateur-lecteur de faire sa propre interprétation des scènes. Et ça fonctionne très bien puisque sans jamais sombrer dans aucun misérabilisme, on ressort du livre le cœur serré de tant de solitude, d’incapacité à communiquer, à se comprendre, à vivre ensemble.

La première nouvelle, sur un enfant inadapté, en quête d’amour, mais totalement incompris est assez déchirante : l’institutrice est gentille comme tout, elle fait tout ce qu’elle peut, mais elle passera quand même à côté, l’enfant ne peut s’empêcher de tout saboter. Il n’y a pas de coupable, de gentil ou de méchant chez Yates, juste une juxtaposition d’êtres dont la compréhension mutuelle ne pourra jamais se faire, faute de mots, de temps, de patience.

C’est beau, très intelligemment fait, et on oublie la vraie-fausse platitude de l’écriture, pour savourer chacune de ces très courtes nouvelles qui en racontent pourtant beaucoup. Un très beau moment.

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