Chronique livre : L’Amour sans le faire

de Serge Joncour.

Vous connaissez le dicton “Femme qui rit, à moitié dans ton lit”. Les participations de Serge Joncour aux Papous dans la tête, provoquant généralement en moi des vagues d’hilarité parfois incontrôlables, comprenez ma déception à la découverte du titre de son nouveau roman L’Amour sans le faire ! Voilà qui est bien fâcheux me dis-je. Sans le faire, sans le faire, c’est bien triste. Caramba, encore raté. Mais tout de même, comme je suis bonne fille, me voilà le livre bien calé sous le bras.

D’un côté Franck, cameraman parisien, part voir ses parents dans le Lot après dix ans d’absence. La dernière fois qu’ils se sont vus, c’était pour l’enterrement du frère « celui qui est resté » de Franck, Alexandre. De l’autre Louise, veuve d’Alexandre, vit à Clermont-Ferrand. Elle a confié la garde de son petit garçon, né d’un coup de passage après le décès d’Alexandre, aux parents des deux frères. Pendant les vacances elle part voir son fils, Alexandre junior.

Franck et Louise, qui se connaissent à peine se retrouvent dans cette ferme isolée du Lot en compagnie du petit garçon. Les parents sont partis à la mer pour quelques jours. Ce lieu représente leur passé à tous les deux, mais un passé qui n’est pas commun, exempt de souvenirs partagés. L’Amour sans le faire c’est donc la rencontre en forme d’évidence de ces deux solitudes (sortez les mouchoirs), ranimées par l’énergie solaire de la jeunesse (sortez les violons).

Alors certes, dit comme ça, ça peut paraître un peu gentil-gentil. D’ailleurs on se doutait bien quelque part que derrière tout cet humour, Joncour cachait un grand tendre. Mais il faut avouer qu’on se laisse pourtant volontiers attraper par cette histoire. Il existe d’abord une vraie tendresse dans ce livre, et mine de rien, ça fait beaucoup de bien. Tendresse vis-à-vis de ses personnages, tellement bien dessinés qu’ils en deviennent réels (magnifique Louise surtout), tendresse vis-à-vis des choses et des lieux, notamment ce bout de campagne perdu, ou cette usine résistante. Le livre évite largement le piège du gnangnan par la description minutieuse des galères et des angoisses de ses personnages. Amoureux des mots et de la formule juste, Serge Joncour nous montre, malgré tout, que des bulles de bonheur imprévisibles peuvent exister. Et c’est vraiment joli.

Ed. Flammarion

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