Chronique film : Gangs of Wasseypur Parties 1 et 2

d’Anurag Kashyap.

gangsofwasseypur-nbTrois gangs indiens sur trois générations et le tout sur presque deux fois trois heures. Pffff. C’est que ça épuise. Kashyap nous embarque dans sa grande fresque par une scène d’introduction bluffante, l’attaque à la fois impressionnante et ridicule d’une maison par un des gangs de Wasseypur. Ca va vite et c’est bien fait. On n’est pas tout à fait au même niveau de maîtrise que Bigelow et son Zero Dark Thirty, mais c’est tout de même très efficace.

Gangs of Wasseypur est un drôle de film et un film assez drôle. Ce qui étonne le plus c’est l’extrême liberté du réalisateur. Il ose absolument tout et le film ressemble au final à un objet ultra-cosmopolite. On sent que Kashyap a récupéré une somme d’influences considérables. Bien sûr on pense à Scorsese, ou encore Tarantino pour les ricains, au cinéma Bollywood mais aussi surtout au cinéma Hong-Kongais, du style la trilogie des Infernal affairs. Le film ressemble donc à un film-somme, produit ultime de la mondialisation du cinéma, trait d’union entre l’Orient et l’Occident. C’est sa force, mais aussi sa faiblesse. Force parce qu’on est vraiment scotché par cette capacité à mixer différents styles de cinéma et en faire quelque chose de parfaitement cohérent, en même temps que tout le temps surprenant. Mais à force d’être surpris, on finit par ne plus l’être tant que ça, et quand on attaque la deuxième partie du film, on a tout de même l’impression de l’avoir déjà vue.

Mais à part ça, le film est globalement un grand moment de plaisir, vraiment très bien interprété : les hommes sont complètement magnétiques, sauvages tout en assumant leur ridicule occasionnel (ils ont un peu de mal avec les filles), les femmes sont belles et fortes, voire même un peu mégères. Et puis quel délice que cette musique ultra-kitsch qui accompagne toutes les scènes, y compris les plus violentes. Pour le coup, je crois que c’est ce qui vraiment réussi à donner son identité et sa cohérence à ce film patchwork, efficace, sérieusement mis en scène mais qui ne se prend jamais au sérieux. Un bon moment.

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