Chronique théâtre : Xitation

d’Emmanuel Darley.


Xitant ? clic sur l’image.

Une bien jolie réussite que ce court dialogue décalé et tordant, sur un gars et une fille un peu quiches en plein apprentissage de l’amour. Il tente de lui apprendre les gestes, elle s’exécute sans trop rechigner, mais en ce demandant bien, tout de même, à quoi ça sert tout ça. On reconnaîtrait l’écriture économe de Darley entre mille (j’aime bien me la péter parfois), succession de courtes phrases tronquées, mais signifiant plus qu’une tartine de texte. Le dialogue décortique mécaniquement les gestes de l’amour, la position des corps, la succession des « liminaires », mais sans la flamme, sans sentiment. Les deux personnages sont des espèces de robots, qui connaissent bien la leçon, mais n’ont pas la flamme, symbole d’une société de l’image, de l’information, où les gamins engrengent des connaissances sans avoir la maturité nécessaire pour les mettre en pratique, ou le « cérébral » prend le pas sur le corporel (cérébral est un grand mot, ils sont quand même franchement niguedouilles) ? On pense forcément à la première scène de roulage de pelle de Norway of Life, un baiser mécanique, automatique, sans recherche de plaisir, juste pour « faire comme ».

M’est avis qu’il faudrait une bonne dose de, pour réussir à monter Xitation, et aussi une certaine. Y’aurait-il un metteur en scène assez, pour ? En espérant que le passage de Darley à la Comédie française, permette l’édition de ce texte mignon comme tout, et beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît.

5 réflexions au sujet de « Chronique théâtre : Xitation »

  1. Xiter

    Up : la diagonale a une signification… personnelle. Je vous laisse imaginer ce que vous voulez.

    Anne-Laure : bonjour, c’était le but. Merci de ta visite !

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