Chronique livre : Tout passe

de Gabriel Josipovici.

Dans une pièce vide au plancher nu, un homme regarde par une fenêtre au carreau cassé. Et c’est tout. Voilà l’histoire de Tout passe, minuscule roman (par le nombre de ses pages), mais grand roman (par la beauté de son texte). Tout passe est un petit objet minimaliste, pointilliste, impressionniste dans le sens où il “impressionne” l’esprit du lecteur, il le marque d’images, de musique et de mots.

Tout passe. Le bien et le mal. La joie et la peine. Tout passe.

Tout passe oui mais parfois pourtant l’esprit s’accroche à des souvenirs, parfois seulement des bribes, des éclats. Et ce sont ces bribes que cet homme à la fenêtre se remémore. Et à partir de ces quelques fragments, le lecteur peut reconstituer une vie entière, combler les vides.

Avec une incroyable économie de mots, Gabriel Josipovici amène le lecteur à embrasser la vie et l’oeuvre de cet homme à sa fenêtre. Manque d’écoute, amour d’enfance refoulé, intransigeance, passion pour la littérature, le portrait dressé par l’auteur n’est pas tendre, voire même violent, derrière la beauté miniature du style, et la douceur générale qui se dégage de ce livre dépouillé.

Et puis en creux, le portrait d’un écrivain, condamné à regarder la vie des autres depuis sa tour d’ivoire, et de regarder sa propre vie faute d’avoir réussi à la vivre. Beau, tragique et bouleversant.

Ed. Quidam Editeur
Trad. Claro

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