Chronique livre : L’homme chauve-souris

de Jo Nesbø.

C’est l’absence de pathologie qui est dangereuse, parce qu’à ce moment-là, l’organisme arrête de se battre, et il tombe rapidement en morceaux.

lhommechauvesourisRedoutable auteur de polar décidément ce Jo Nesbø. Difficile de lâcher l’affaire avant la fin, et ce malgré une traduction parfois bien bancale qui rend certaines scènes d’actions particulièrement cafouilleuses et qui comprend des coquilles orthographiques grosses comme le bras (oui, la différence entre le “a” et le “à” est parfois délicate, mais tout de même…).

Quand ta forêt est si sombre que même toi, tu n’arrives pas à la connaître, il peut être bon de ne pas trop chercher à faire des découvertes.

Un des grands intérêts du livre, c’est le parachutage d’un inspecteur scandinave (traînant ses casseroles, ses fantômes, blabla blabla…) dans la chaleur australienne et la culture aborigène. Harry Hole rencontre une foule de personnages qui ne parlent essentiellement qu’au travers de contes et légendes aborigènes, et donc par énigmes. Le pauvre bougre n’y comprend nib, le lecteur pas grand chose non plus. On se gratte la tête pour essayer d’entendre ce que veulent nous dire les personnages et Jo Nesbø. Et puis, d’un coup, tout se met en place et débouche sur un final, particulièrement cinématographique (Hitchcock, sors de ce corps), avec cette utilisation d’éléments de la symbolique australienne (l’aquarium de Sydney, un crocodile bouffeur d’hommes). Le vengeur de son peuple meurt donc sous les crocs du plus vieil habitant du continent australien, schlack. Un bon divertissement, solide et addictif.

Trad. du norvégien par : Elisabeth Tangen et Alexis Fouillet
Ed. Folio policier

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